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Le mot du directeur

 

UNE ECOLE “A LA FRANCAISE”

 

Avant tout je voudrais rendre hommage à mon prédécesseur, Vincent Bres, qui n'a ménagé ni son temps ni son énergie pour que ce lycée se sédentarise. Il a été le maître d'œuvre d'un magnifique projet décidé par un Conseil d'Administration ambitieux qui a su trouver, seul, ses propres fonds privés. L'école française de Santa Cruz est sortie de terre, il s'agit maintenant d'améliorer ce bel outil à la disposition des élèves qui la fréquentent et la fréquenteront et de répondre à l'attente des parents qui nous font pleinement confiance en décidant d'offrir à leurs enfants une scolarisation quasi totale en langue française.

Qu'est-ce que l'école “A LA FRANCAISE”?

C'est une école qui, au fil des temps, grâce à de prestigieux pédagogues, mène une constante réflexion dont voici quelques bases. Les parents sont nos alliés dans cette entreprise d'éducation qui définira le sort de leurs enfants, qui les aidera à maîtriser l'ensemble des connaissances universelles leur permettant de comprendre la société dans laquelle ils arrivent et d'y devenir de véritables citoyens, d'accéder à une activité professionnelle leur assurant une insertion économique nette, sociable, durable, contribuant au bien-être général des futures générations. Dans un univers où les connaissances se renouvellent à une vitesse vertigineuse, où tous les métiers supposent la maîtrise de savoirs théoriques et de compétences technologiques de plus en plus poussées, où la participation à la vie publique requiert la compréhension de phénomènes complexes, l'enseignement devient un enjeu capital, une activité essentielle, peut-être l'activité essentielle! S'instruire et se former, sous les diverses formes que ces activités empruntent, sont devenues, juste après le sommeil et bien avant toutes les autres activités auxquelles nous nous livrons pour nous distraire ou nous nourrir, la principale occupation des hommes de notre époque. Elles portent tous nos espoirs: apprendre toujours plus et mieux. Mais l'apprentissage ne se décrète pas! L'apprentissage est affaire de désir. Il reste toujours, irréductiblement, un acte libre, posé par un être qui décide d'apprendre et prend le risque, à un moment donné de son histoire, de “faire quelque chose qu'il ne sait pas faire pour apprendre à le faire”. L'école facilite la passation de l'héritage des adultes pour la formation des futurs: une langue pour s'exprimer, une histoire pour se situer, une culture pour appréhender le monde, des savoir-faire et des outils pour faire face aux problèmes qu'ils rencontrent. L'enfant arrive infiniment démuni, incapable d'exercer son jugement, l'adulte décide à sa place de son éducation. C'est l'adulte qui parle le premier. Sans lui, l'enfant ne parlerait jamais. Mais seul l'enfant, en grandissant, peut décider de s'approprier ce qui lui est transmis. Les enseignants connaissent ce risque. Ils quêtent légitimement l'adhésion de leurs élèves plutôt que de leur imposer les connaissances. Mais parents et enseignants sont quelquefois dépassés par leur propre impatience. Si l'instruction est obligatoire, l'apprentissage est aléatoire. L'un des rôles de l'école avec l'aide des parents est de “transformer l'enfant en élève”, arracher les élèves à l'ignorance afin qu'une fois instruits, ils deviennent enfin des hommes libres. L'école doit donc adapter la pédagogie aux différences pour offrir à chacun ce qui peut l'aider, donner plus à ceux qui ont moins, fournir une aide personnalisée à ceux qui en ont besoin. Parents ou enseignants, nous sommes légitimement attachés à la réussite scolaire de nos enfants, nous chercherons légitimement pour eux les meilleures conditions de scolarisation.

L'engagement de l'école est de mettre en place une pédagogie moderne:

Une pédagogie de la vérité: les méthodes dites actives rendent possible l'accès à la Loi, aux règles de la vie collective et aux savoirs fondamentaux. L'exigence de vérité peut s'exercer dans toute activité scolaire. Pour cela il faut garantir la rigueur de la démarche, la qualité des échanges et la précision de l'évaluation.

Une pédagogie du “sens” pour susciter le désir d'apprendre: partir de l'intérêt de l'enfant pour placer sur son chemin des “obstacles” qu'il lui faudra franchir et qui lui permettront d'apprendre “ce qui est dans son intérêt”. A l'école il ne suffit pas de “savoir”, il faut “savoir qu'on sait” et surtout, savoir réutiliser ailleurs et autrement ce que l'on a appris. Apprendre ce n'est pas simplement écouter, recevoir, c'est aussi chercher à comprendre: “j'écoute et j'oublie, je vois et je me souviens, je fais et je comprends.”

L'enseignant est le seul “professionnel de l'apprentissage”. L'école doit être “centrée” sur ses objectifs propres mais aussi attentive à tout ce qui peut l'aider dans sa tâche, rechercher des articulations et mettre en œuvre les collaborations avec tous les partenaires possibles. L'école a une obligation de moyens (humains et matériels), ces moyens seront mis à disposition des élèves grâce à l'apport des parents (financiers, humains et de complémentarité intellectuelle).

Lorsqu'aller à l'école réveille plus de malaises et de peurs que de plaisir et d'espérance, même les savoirs de base ne peuvent plus être abordés simplement.

Certes les enseignants restent les “professionnels de l'enseignement” mais l'éducation nécessite la collaboration de tous ceux qui sont concernés. (Voir charte des parents de Célestin Freinet).

L'école “A LA FRANCAISE” ne contemple pas seulement l'enseignement mais aussi l'éducation du jeune, le vivre-ensemble. On pourrait la résumer en 7 exigences:

1. Les caractères de chacun: Chacun d'entre nous peut et doit être considéré comme un sujet humain, différent de tout autre. Dans la mini-collectivité qu'est l'école, les enfants doivent apprendre à ajuster leurs manières d'être, à formuler leurs demandes réciproques les uns à l'égard des autres, à s'enrichir mutuellement de leurs différences. Ce qui suppose la renonciation à la violence immédiate du refus de l'autre ou de la différence, être « indifférent à la différence ».

2. Les comportements quotidiens sont structurés par des habitudes, des coutumes, des règles de politesse. La politesse n'est pas seulement une conformité à des normes extérieures, elle n'est pas l'apprentissage de l'hypocrisie. La vraie politesse est d'abord une attitude intérieure de respect de l'autre, connu ou inconnu.

3. A l'école les enfants apprennent l'extraordinaire variété des comportements culturels, des traditions, des religions, des formes. Et si les enfants peuvent, à l'école, apprendre à se respecter les uns les autres, c'est parce que les adultes donnent eux-mêmes l'exemple du respect et de la politesse.

4. L'école permet de comprendre l'utilité, pour la liberté effective de chacun, des règles techniques de fonctionnement de n'importe quel groupe. Entraide, coopération, dialogue: les enfants peuvent découvrir que leur liberté propre peut se construire avec celle de l'autre et non contre elle.

5. Le débat démocratique: A l'intérieur d'un cadre défini, sur des objets précis et sans que l'adulte renonce à son autorité, les enfants doivent apprendre progressivement à écouter, à argumenter, à corriger leur point de vue personnel pour tenir compte de l'intérêt général.

6. L'homme cherche à donner un sens à son existence: quelles sont ses valeurs, quelle morale l'anime? L'école doit permettre au futur citoyen d'apprendre à respecter les convictions et les valeurs d'autrui, sans pour autant renoncer aux siennes.

7. Qu'est-ce qui convient de faire ou de ne pas faire? Ce sont des principes éthiques qui ne se discutent pas. A l'école les enfants apprennent l'égalité de droit de tous les sujets humains, grâce à des interdits. L'interdit de violence oblige à sortir des rapports domination/soumission. L'interdit de l'idolâtrie oblige à ne pas confondre sujet et objet, à ne pas succomber à la fascination des images et des apparences. Les enfants vont découvrir que l'on ne prend vraiment plaisir aux activités que l'on mène qu'à condition d'agir aussi pour le plaisir et dans l'intérêt des autres. C'est l'interdit du parasitisme qui ouvre les voies à la fraternité, qui oblige à l'échange, au don réciproque, à la construction de soi comme “un parmi les autres”.

Ces principes éthiques se formulent négativement. Cela laisse une grande marge de manœuvre: ce sera aux futurs hommes d’inventer, positivement, les voies de la liberté, les conditions de l'égalité, les structures de la fraternité.

Les bases de l'école “A LA FRANCAISE” étant posées on voit que la tâche n'est pas facile. Pour arriver à former nos futures générations l'école aura besoin de tous les partenaires: institution, parents, professeurs, élèves. Il nous faut donc construire et maintenir un “PACTE EDUCATIF”. Merci d'avance à tous ceux qui adhèreront à ce projet dans l'intérêt de nos élèves.

 

Jean-Louis LEJEUNE Directeur depuis Juillet 2011.

 

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Archive : Le mot de Vincent Bres, Directeur de l'Ecole Française de SC de 2008 à 2011.

 

"L’Ecole française de Santa Cruz de la Sierra: une école bolivienne, une école française et internationale.
Une école de l'orient bolivien, pour les enfants d'ici et d'ailleurs et leurs familles.
Une école fièrement franco-bolivienne, mais aussi - naturellement - européenne et latino-américaine. 
Une école pour les talents en devenir et pour les élites de demain, à la mesure du fort potentiel de la région cruzénienne et de ses fortes perspectives de développement. 


Quelle est son ambition? Quel peut être son rôle et quelle doit être sa place ? Quelles sont ses missions et quelles seront ses priorités ? Quelles sont ses valeurs, claires et assumées, harmonisant celles dues à sa collaboration quotidienne avec le réseau de coopération et d'action culturelle de la France en Bolivie, et à son identité d'établissement privé bolivien, résolument implanté dans la réalité et les exigences de son pays de résidence ?


Je vous propose en introduction, au nom du Conseil d'administration de l'école, les quelques termes-clefs ci-dessous, afin de fédérer d'emblée autour d'eux les différentes composantes de la communauté scolaire.


L'EFSC propose, en particulier ...

  • un contexte interculturel et plurilingue de haute qualité : trois langues et deux cultures... pour le moins, 
  • une éducation globale et équilibrée : humaniste, scientifique, culturelle, linguistique, émotionnelle, physique, morale et civique,
  • des programmes scolaires prenant en compte les nécessités de la préparation aux diplômes français et boliviens,
  • un enseignement moderne, innovant et responsable, ambitieux dans l'ensemble des domaines d'apprentissage, permettant et une participation citoyenne,
  • une attention pédagogique visant au développement et à la réussite maximale de chaque élève, visant à lui permettre de trouver sa place, mais aussi de porter sur son environnement un regard critique et de jouer un rôle, à l'avenir, dans la société bolivienne et mondiale,
  • des principes basés sur le respect des valeurs de démocratie et de laïcité et une profonde valorisation de la diversité,
  • une sensibilité particulière, profitant du cadre naturel privilégié de l'école et de l'architecture innovante de ses locaux, à l'éducation aux sciences, à l'environnement et au développement durable.

 

Ces principes sont motivés par le contexte de l'école.

  1. La réalité de la Bolivie actuelle, riche et complexe, profondément originale et... si différente de l’Europe : un contexte historico politique très particulier, une géographie, pour le bonheur des géographes,  marquée par une fracture topographique et climatique, une biodiversité exceptionnelle et une exaltante variété humaine, comprenant son lot de richesse et de diversité, mais aussi sa persistance de fortes tensions économiques et sociales. 
    L'Ecole Française de Santa Cruz de la Sierra entend contribuer au développement de la Bolivie et de ses relations avec le monde extérieur.
  2. La ville de Santa Cruz, vibrante et dynamique, contraste avec sa région ancrée dans la sérénité de ses traditions et marquée par la beauté de sa nature subtropicale. Elle ne peut donc que s'apprécier d'un  bloc,  avec ses contrastes. Un étonnant  potentiel mais aussi de nombreux défis à relever, des insuffisances actuelles... parfois bien agaçantes au quotidien.  Un climat tour à tour délicieux ou fatiguant. Une croissance, aux plans démographique et économique, enthousiasmante et désordonnée. Une architecture innovante et un urbanisme parfois déroutant. Une convivialité latine chaleureuse,  mais aussi une insécurité parfois préoccupante. Une nature généreuse mais une prise en compte de l’environnement balbutiante.
    L'Ecole Française de Santa Cruz de la Sierra entend constituer pour toute sa communauté scolaire un oasis de calme naturel et humain dans la fébrilité urbaine.
  3. Le contexte scolaire local est constitué d'établissements publics faiblement dotés fréquentés par les familles les moins fortunées et de nombreux établissements à caractère confessionnel. Ces derniers se partageant la demande scolaire la plus exigeante avec une poignée d’établissements privés souvent inspirés des modèles nord-américains : de la qualité, au prix fort souvent. De la culture, mais bien peu diverse parfois.  Des cadres prestigieux, mais bien peu d'exigence au plan académique, dans certains cas.
    L'Ecole Française de Santa Cruz de la Sierra entend être reconnue, dans ce contexte, comme un établissement d'excellence et de culture pour le plus large public, et notamment pour les familles, exigeantes quant à la scolarité de leurs enfants, conscientes du juste coût de la qualité, désireuse de s'engager à la recherche d'une solution alternative. 


L'Ecole française de Santa Cruz de la Sierra s'inscrit dans la vision de l’Ecole héritée des fondateurs de l'humanisme européen. Elle préfère la "tête bien faite" (Rabelais)  sans toutefois nier la tête bien pleine. Elle souhaite "mettre en avant ce qui unit les hommes" (H. Pena Ruiz). 

Ancrée dans son temps et consciente de son environnement, elle ne se désintéresse pas des questions posées par la société aux alentours mais propose les outils du savoir, des sciences et de la culture pour aider à mieux poser les questions et les résoudre plus richement. 

Heureuse de la diversité de ses élèves et de leurs familles, elle valorise la différence de chacun mais invite également à la transcender par la connaissance universelle.  Respectueuse de chacun et chacune, elle prend garde à ne blesser aucune conviction philosophique ou religieuse mais invite à l'inscrire dans la diversité humaine et le respect de l'autre.


L'Ecole française de Santa Cruz de la Sierra garantira aux élèves boliviens et étrangers qui lui sont confiés une ouverture sur le (leur) monde, une éducation de qualité basée sur les principes énoncés plus hauts, et les invite à participer à de riches projets pédagogiques, possibles grâce à une équipe de professeurs compétents et engagés.


Elle propose désormais pour cela le cadre plus adapté du nouveau "Colegio Francés" inauguré en février 2011 : un projet pilote, une architecture moderne et écologique inscrite dans un véritable îlot de verdure, une équipe administrative, pédagogique et de service motivée, dynamique et qualifiée.


Nous remercions les élèves et les familles qui nous font confiance. Et nous sommes fiers par avance de ce que les jeunes sortant du collège feront et seront dans les années qui viennent ! "

Vincent Bres
Directeur (2008 - 2011)

 



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